jeudi 13 avril 2006

Les fesses

Si les années 90 ont consacré les poitrines aux formes conquérantes, les années 00 sont celles du derrière, replet et arrogant. Les fesses seraient-elles les nouveaux seins ?

Moulée, serrée, en goutte d’eau ou obusive, la fesse est triomphante. Dans la rue, sur les podiums, dans les clips, partout s’agite, sous le regard libidineux de mâles incrédules, le même popotin, souvent souligné d’une arrogante ficelle. Si Christina Aguilera secoue ses fesses moulées dans une culotte estampillée « Dirrty », Jennifer Lopez réconcilie les filles à gros pétard. Le reste des pop stars s’échinant à travailler le déhanché lascif, telle Shakira, ex-boudin colombien aux gros sourcils. Exit le soutien-gorge, place au string, dont les ventes ne cessent de grimper depuis deux ans (un quart des culottes vendues en serait). Question : mais où sont donc passés les seins, eux qui, fétiches rassemblant tous les désirs masculins, écrasaient de leur surgonflage les années 90 ? Exemple le plus parlant de la Bérézina du nichon : Pamela Anderson. La bimbo, fantasme number one des ados aux doigts qui collent, n’a pas survécu médiatiquement au tournant du siècle. Autre exemple : ressortez la publicité Wonderbra où Eva Herzigova vous demande de la regarder « dans les yeux, j’ai dit les yeux », et constatez comme tout cela a pris un terrible coup de vieux… Samuel Lepastier, psychanalyste et enseignant à l’université de Paris V, explique que « cette tendance fesses correspond à la perte du pouvoir de subversion des seins en tant que symboles fétichistes. Omniprésents, ils perdent leur capacité à choquer. » Le nichon triomphant et le raz-de-marée de la fesse participent pourtant tous deux du même phénomène : celui de la revendication d’une féminité dans une époque où est exaltée l’androgynie. Conclusion : la roue tourne, mais rien ne change. Les mecs seront toujours des gros obsédés.

1 commentaire:

Anaïs a dit…

bien vrai :b