mercredi 4 février 2009

La relation homme-animal : de l'ouverture d'esprit

Salut !
Aujourd'hui, attention, sujet sérieux. Je faisais la vaisselle quand mon chat m'a parlé. Je lui ai répondu, et de là m'est venue une réflexion super lumineuse : les relations que tu entretiens avec les animaux dépendent-elles de ton ouverture d'esprit ?

Je pense que oui. Je t'explique.
Un animal, c'est quoi ? C'est toi, moi, ton chien, mon lapin, les harengs ou les fourmis. Ces animaux, tu peux soit considérer qu'ils te sont étrangers, soit considérer que tu peux entrer dans leur monde, et entrer en communication avec eux.
Je pense profondément que si tu choisis la première hypothèse, tu manques cruellement d'ouverture d'esprit. Un peu tranché comme raisonnement tu me diras, si tu fais partie du groupe 1. En revanche, si tu considères que ces animaux sont tes colocataires, et que tu peux entrer dans leur univers, et tenter d'en comprendre quelques aspects, alors, tu fais preuve d'une curiosité nourricière qui t'apprendra bien plus de choses que n'importe quel bouquin.
Prenons l'exemple du chat, pour rendre un hommage au mien, qui est à l'origine de cette réflexion. Un chat, ça miaule, ça griffe, ça court, ça grimpe aux arbres, ça attrape les mouches et ça joue avec les souris. Est-ce que tu peux considérer une seconde ou deux que ce sont des comportements qui font partie de son éthogramme, et que par conséquent, il apparaît comme totalement aberrant de les considérer comme des comportements stupides ? Ces signaux qui sont envoyés au chat sont des signaux qu'il utilise pour sa survie, c'est comme ça qu'il s'en sort lui. Toi c'est peut-être en bouffant des chips et en fumant des clopes, lui c'est en sautant sur les mulots. C'est comme ça.
Communiquer avec un animal d'une autre espèce, évidemment, tu ne peux pas souvent le faire avec ton langage parlé à toi, ça passe bien souvent par des échanges non-verbaux, des transmissions de messages, des ressentis physiques et/ou intuitifs. Je pense que le simple fait de concevoir une communication possible entre soi et un autre animal, c'est faire preuve d'ouverture d'esprit et d'empathie, suffisamment pour pouvoir établir une relation, un échange.
Te limiter à des échanges d'humain à humain est à mon sens infiniment réducteur, les autres espèces ont tellement à t'apprendre ! Si tu restes sur l'exemple du chat, quand il miaule, qu'il ronronne, qu'il griffe, il communique avec son environnement, il dit quelque chose qui a du sens pour lui. Rien de plus passionnant que de chercher le sens de ces manifestations, d'autant plus quand tu contrains un chat à vivre en ta compagnie. Et au delà de l'intérêt que cela comporte, c'est même indispensable pour offrir au chat une vie harmonieuse (si tant est que tu sois capable de tenir compte du sens des manifestations du chat pour améliorer son quotidien, si besoin est).
Considérer les manifestations d'un animal d'une autre espèce comme sans intérêt, dénuées de sens ou idiotes relève de l'ignorance pure, et dénote à mon sens une fermeture d'esprit et une bêtise sans limites.

Delphine Klein, une communicatrice animale, dit bien que "les personnes qui ne sont pas sensibles aux animaux passent à côté d’une partie de leur humanité, tout simplement ; elles refusent souvent de se laisser toucher par l’amour inconditionnel que nous portent les animaux qui ont choisi de partager notre quotidien, ou par la beauté des animaux sauvages qu’elles peuvent croiser. Les animaux, humains et non-humains, font partie du même réseau de vie sur la Terre, mais les hommes ont depuis longtemps oublié le caractère sacré de ce réseau. Les relations souvent cruelles qu’ils entretiennent avec les animaux ne sont que le reflet du vide qui caractérise leurs relations entre humains. Souvent on demande à ceux qui soutiennent des causes pour la défense des animaux et de la nature en général, ‘comment pouvez-vous vous focaliser sur les animaux, quand il y a tant de misère humaine, tant de souffrance parmi les enfants ?’. Or tout est lié : dans des pays anglo-saxons par exemple, les services sociaux de la police et les organismes de protection des animaux travaillent ensemble, car ils se sont rendus compte que les foyers où sont détectés des cas de cruauté envers les animaux sont malheureusement souvent ceux où la prochaine étape sera de maltraiter les enfants. Restaurer de vrais liens avec les animaux nous aide à nous retrouver nous-mêmes. Et puis il y a les personnes qui apprécient les animaux, en se refusant à franchir ce pas supplémentaire, et en se réfugiant derrière les phrases type ‘ce ne sont que des bêtes’. La pensée occidentale a tellement été marquée par Descartes qui voyait les animaux comme des machines animées, que notre mode de pensée est resté enfermé pendant des siècles dans ces restrictions. Reconnaître la possibilité de communiquer avec les animaux de manière intuitive/télépathique implique de les reconnaître comme des êtres non seulement sensibles, pourvus d’émotions, d’un esprit, au même titre que les humains. C’est un pas qui peut-être difficile à tenter, mais heureusement, les mentalités sont en train de changer."

4 commentaires:

TAOMUGAIA a dit…

Il me semble que pour communiquer avec un animal non-humain, il faut un minimum d'empathie, c'est à dire une volonté de partager un bout de sort commun, heureux ou malheureux d'ailleurs.
La question que je me pose c'est de savoir si quelqu'un de très égoiste, voire égotiste, est quand même capable de communiquer avec un animal...

Qui Que Quoi a dit…

Ben oui je me pose la même question, et je pense que c'est difficile à imaginer, puisque ça sous-entend comme tu le dis que la personne est capable de centrer son attention sur autre chose qu'elle-même, et entrer dans la sphère de l'autre, dans son mode de communication, qui n'est pas celui qu'on utilise entre humains... Donc ça veut dire déjà qu'on admet qu'il existe d'autres modes de communication que le langage parlé humain, chose que beaucoup de gens refusent d'accepter ! C'est quand-même dingue !

croco a dit…

Comprendre les autres humains demande déjà de la volonté et l'oubli de nos codes personnels, cela passe par la nécessité d'admettre des fonctionnements différents.
Je crois que le fait d'essayer sincèrement de comprendre le fonctionnement d'une autre espèce nous rend les choses encore plus faciles au sein de notre propre espèce.
Pour moi tout est lié, on veut partager ou on ne veut pas, peu importe quel type d'être vivant nous fait face.
Et, juste pour rire : pourquoi ne ferais-je pas l'effort de comprendre ce que mes chats me disent puisqu'ils s'efforcent de l'exprimer d'une manière que je suis capable d'apréhender ?

Anonyme a dit…

Cette communication , on l'avait lorsque nous étions bébé. Nous l avons perdu lorsque on nous a enseigné le langage parlé.

Tao, oui il faut beaucoup d'empathie ...tu as donc ta réponse !

Croco, ton chat exprime par son comportement ce qu il a envie de te faire comprendre mais communiquer est bien autre chose , c est un véritable dialogue